Le 15 septembre 1944, le réseau Jean-Marie Buckmaster rassemble sédentaires, maquisards et autres volontaires dans les casernes de Joigny, afin de constituer une unité militaire qui rejoindra la 1ère Armée française du général de Lattre. Ces hommes forment alors la 4ème demi-brigade de l’Yonne.

A la fin du mois, ils signent un engagement volontaire « pour la durée de la guerre » dans la nouvelle unité qui vient de se former et qui prend le nom de 1er Régiment des Volontaires de l’Yonne. Placée sous les ordres du commandant Jacques Adam, cette formation compte près de 2000 hommes répartis en trois bataillons : le premier est celui du commandant Charpy, ancien combattant de 1914-1918 et de 1939-1945, instituteur, il part avec plusieurs de ses anciens élèves; le second est celui du commandant Pailleret, et le troisième celui du commandant Perreault. Equipés et entraînés, prêts pour le départ, ils défilent le 16 octobre 1944 devant la population jovinienne et le colonel délégué par le général Chouteau pour les inspecter.

Le 7 novembre 1944, le 1er RVY quitte Joigny pour le camp de Valdahon où les hommes doivent parfaire leur entraînement. Le commandant Herbin, gravement malade ne peut partir. Les conditions de la guerre, la forte résistance de la Wehrmacht dans les Vosges, la nécessité de rapatrier des troupes africaines éprouvées par le froid, imposent une montée en ligne immédiate.

Les 8 et 9 novembre, le régiment cantonné en Haute-Saône patauge dans la boue, perçoit casques et capotes puis se dirige sur Lure. En pleine nuit, les hommes relèvent des Spahis, étirés face aux Allemands dans le secteur de Ronchamp. Du 11 au 20 novembre, ils font le « terrible apprentissage de la guerre » selon l’expression du caporal Luc Berton qui raconte : « Terrés dans des postes avancés, des maisons fortifiées sommairement ou un mur de cimetière, il faut, de jour, de nuit, affronter les reconnaissances, les tirs de mortier, d’artillerie, de mitrailleuses ennemies, patrouiller dans les champs de mines ».

Le 21 novembre, le 1er RVY attaque en direction de Belverne. Du 22 au 28 novembre, il combat dans les secteurs de Belverne, Fesches-le-Châtel, Bourogne et libère les villages de Bréchaumont, Chavanne et Foussemagne. Le 29 novembre, suivant le repli allemand par une marche de 25 km, il entre en Alsace à Traubach. Il y cantonne deux jours puis regagne Belfort à pieds où, le 1er et le 2 décembre, il complète ses équipements d’hiver.

 

Joël Drogland

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