6 février 1944, crash d'un Stirling à Cussy-les-Forges

Inauguration de la stèle.
Panneau commémoratif

Initiates file downloadPanneau commémoratif en taille réelle

 

6 février 1944 : crash du Stirling Mk III EF187

du 149e escadron de la Royal Air Force

 

Dans la nuit du 6 février 1944, les sept membres de l’équipage d’un Stirling de la RAF étaient victimes d’un crash sur la commune de Cussy-les Forges. Cet évènement de la Seconde Guerre mondiale, aussi spectaculaire que tragique, a durablement et fortement marqué les mémoires locales. 

Le Stirling (1) avait décollé de l’aérodrome de Lakenheath (sud-est du Royaume-Uni),  le 5 février à 19h 42, avec pour mission d’assurer un parachutage pour le maquis Henri Bourgogne (2) implanté dans la région de Semur-en-Auxois. Affilié au réseau Jean-Marie Buckmaster  qui dépendait directement du SOE (Special Operations Executive), ce maquis a ainsi pu réceptionner de nombreux parachutages d’armes et de matériel.

Malheureusement, au petit matin du 6 février 1944, le bombardier fut repéré par des vigiles d’une station d’observation située sur la N6 entre Cussy-les-Forges et Sainte-Magnance.  Rapidement, il fut pris en chasse par un avion de chasse allemand. Un témoin  (3) raconte la suite… forcément tragique. « A  quelques milles d’ici, nous étions un groupe de maquisards qui attendions le parachutage d’armes. Un vrombissement caractéristique, l’avion approche, les feux sont allumés. Soudain un chasseur allemand, une rafale de mitrailleuse, le bombardier s’enflamme et tombe. Au lever du jour, nous sommes allés sur les lieux. Que des débris, des corps déchiquetés dont les morceaux sont dispersés. Seul le pilote est à son poste (…) ».

Les corps des sept membres de l’équipage furent recueillis par les habitants de Cussy-les-Forges. Redoutant des manifestations d’hostilité, l’occupant avait interdit aux habitants d’assister aux obsèques des aviateurs. Malgré cette interdiction et les risques encourus, une bonne partie de la population de Cussy-les-Forges a tenu à rendre un dernier hommage aux pilotes, preuve de la vive sympathie exprimée pour les Alliés. Les sept aviateurs alliés sont depuis inhumés dans le cimetière communal.

Le 8 mai 2016, une stèle a été inaugurée sur le lieu du crash près de Cussy-les-Forges. Ce monument commémoratif a été financé par Elisabeth Harding, nièce du pilote  G.N Gosling membre de l’équipage victime du crash. L’ARORY a aussi  participé à l’élaboration d’un panneau explicatif.

 

Notes :

1. Le « short » Stirling (nom du constructeur anglais), reconnaissable avec son poste de pilotage en surplomb, entra en opération début 1941. Il y eut cinq versions (Mk). Malgré certaines améliorations de motorisation, la faiblesse de ce quadrimoteur et les dimensions réduites de son fuselage limitèrent son utilisation en mission longue distance sur l’Allemagne. Aussi le Stirling fut largement utilisé pour les parachutages destinés à la Résistance intérieure.

2. Le maquis a été fondé à l’automne 1943 par Henri Camp, considéré comme « l’âme de la Résistance dans l’Auxois ». Multipliant les sabotages, le maquis a ensuite étendu son rayon d’action du nord-ouest de la Côte d’Or au sud de l’Yonne.

3. Témoignage d’un membre du maquis Bourgogne, tiré d’un article paru dans Le Bien Public du 8 septembre 1975.

 

Sources :

Remy Couvignou Les Avions américains et britanniques tombés dans le département de l’Yonne 1939-1945, La gazette 89 éditions, 2008.

Laurence Chevallot, Le maquis Henri Bourgogne, ARORM, 2003.

© Arory  •  Site réalisé par Thierry Roussel - Creacteurs Studio