concours 2010



Pour le concours de 2010, le jury national a arrêté le thème suivant : « L’appel du 18 juin 1940 du général De Gaulle et son impact jusqu’en 1945 ». Il est assorti, dans le BO n° 23 du 4 juin 2009 des commentaires suivants : « A partir des circonstances et du contenu de ce texte fondateur, les candidats étudieront la portée de l’appel du 18 juin, ainsi que les engagements qu’il a suscités en France, dans l’empire français et à l’étranger ».

La date des épreuves du concours a été fixée au mardi 23 mars 2008 pour les devoirs individuels. Depuis l’année dernière, les sujets proposés aux candidats sont établis par une commission académique à partir du thème national. Les travaux collectifs (réalisés par un groupe d’au moins deux élèves) devront être adressés par l’établissement scolaire à l’inspecteur d’académie le mardi 30 mars au plus tard. Les circonstances et le contenu de l’appel du 18 juin 1940 font partie des programmes d’histoire des clases de 3e et de 1re.

Dans le cadre de la préparation du concours il sera possible et nécessaire d’approfondir l’étude de la situation de la France au printemps 1940 : la percée des Ardennes, Dunkerque, la ruée des divisions blindées vers la Seine puis la Loire, la débâcle de l’armée française, l’exode des populations civiles. Sur ce point une étude locale est tout à fait possible. Les combats de 1940 dans l’Yonne, les bombardements et l’Exode sont présentés et illustrés dans le cédérom édité par l’ARORY en 2004 puis dans le livre qui en a été le prolongement.

Les élèves pourront ainsi appréhender concrètement la catastrophe qui s’abat sur les Français, l’effondrement en quelques jours de tout un pays dans tous ses fondements. Il est alors possible de les inciter à étudier et à comprendre le débat qui s’ouvre dans les milieux des dirigeants politiques et militaires entre les partisans d’un armistice et ceux d’une capitulation. L’armistice est une décision politique qui fait porter la responsabilité de la défaite sur les responsables du gouvernement de la République. Il implique qu’on en accepte les conditions et qu’un gouvernement reste sur le territoire métropolitain. C’est la solution défendue par Pétain qui a déjà fait le projet de ce qu’il appellera la Révolution nationale ; solution qui le conduira à collaborer pour tenter d’alléger les conditions de l’armistice. La capitulation de l’armée est une autre solution, choisie par plusieurs Etats européens. Le gouvernement de la République pourrait gagner l’Afrique du Nord et continuer la guerre aux côtés des Anglais : c’est la solution défendue par Paul Reynaud, George Mandel et de Gaulle. Le débat est fondamental ; on en connaît l’issue. Le texte de l’appel fait souvent l’objet d’une explication de document dans le cadre du cours d’histoire, plus particulièrement en 1re. On insistera sur son caractère visionnaire (« Cette guerre est une guerre mondiale » affirme de Gaulle alors qu’elle ne le sera vraiment que 18 mois plus tard) et sur son analyse géopolitique ainsi que sur la biographie de son auteur.

Constatons qu’on se trouve ici dans une approche très générale, qu’il ne peut guère en être autrement et que ce fait incite à se montrer critique envers le thème choisi. Il impose en effet de reprendre des généralités historiques et rend très difficile, voire impossible, de faire travailler les élèves à l’échelle locale ou départementale ce qui entraîne deux conséquences regrettables :

La préparation perd son caractère le plus passionnant, celui qui consiste à initier les élèves à une vraie recherche historique à partir de documents originaux ou de témoignages locaux ;

Il est à craindre que le travaux de groupe soient assez identiques les uns aux autres, puisant aux même sources générales découvertes après avoir tapé « appel du 18 juin » sur un moteur de recherche, Google dans la plupart des cas !

Pour l'ARORY. J. Drogland. 

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