Les rendez vous de l'Histoire 2011

Joël Drogland a suivi en octobre 2011 trois passionnantes conférences débat aux Rencontres historiques de Blois. L’une était consacrée au thème « Y a-t-il encore des tabous dans l'histoire de la Seconde Guerre mondiale ? », à propos d'ouvrages récents portants sur les faux maquis, l'épuration sauvage et les prisonniers de guerre allemands. La seconde était consacrée à l'historiographie récente de la Résistance, à propos de l’ouvrage récent de Pierre Laborie, « Le chagrin et le venin ». La troisième était animée par Fabrice d’Almeida, auteur d'un récent ouvrage sur les loisirs des gardiens des camps de concentration. L'étude reconstitue la stratégie de gestion des ressources humaines que Himmler et ses adjoints ont mise en œuvre pour permettre aux bourreaux d’accomplir leur office, mais aussi pour éviter qu'ils s’ennuient. A Auschwitz, les gardiens n'ont pas seulement exterminé des femmes et des enfants, ils ont aussi joui de loisirs savamment organisés. En adoptant l'angle de vue des tueurs, le livre ne prétend évidemment pas excuser leur crime. Mais ce regard dérangeant dévoile la gouvernance de l'entreprise SS et les choix des leaders nazis dont l'ambition était de donner à leurs auxiliaires une vie agréable, celle d'une élite qui se pensait comme une nouvelle noblesse prédatrice. Jeux, lectures, cinémas, théâtres, bordel et vie de famille : le temps libre était pensé dans le détail. Tout cela banalisait la nature du « travail ».

Fabrice Grenard, Maquis noirs et faux maquis 1943-1947, Vendémiaire, 2011. Philippe Fretigné et Gérard Leray, La tondue 1944-1947, Vendémiaire, 2011. Valentin Schneider, Un million de prisonniers de guerre allemands en France 1944-1948, Vendémiaire, 2011. Pierre Laborie, Le chagrin et le venin : La France sous l'Occupation, mémoire et idées reçues, Bayard, 2011. Fabrice d’Almeida, Ressources inhumaines. Les gardiens de camps de concentration et leurs loisirs, Fayard, 2011.

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